REPORTAGE POUR SI LOIN SI PROCHE SUR RFI

1 Juin

Reportaje para Si loin si proche en RFI

Parmi les expériences marquantes de cette année, il y a la réalisation d’un reportage pour l’émission de voyage Si loin si proche pour RFI. Depuis longtemps auditrice de cette émission, je suis allée frapper à la porte de sa productrice, Céline Develay-Mazurelle, en expliquant que je partais en Equateur et que j’avais quelques idées de sujets. Si loin si proche propose régulièrement des reportages sur la diaspora africaine dans le monde et sur l’histoire de la traite esclavagiste, il était donc naturel de proposer un reportage sur la présence afro en Équateur.

Je vous invite donc à l’écouter ici: Equateur: les Afro-équatoriens en marche

Et voici quelques notes personnelles sur le processus de réalisation que je trouvais intéressant de partager. Je les ai prises pendant le montage avec Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, en me basant sur leurs remarques et leurs conseils.

La « pré-enquête »

Avant de partir, rassembler des informations sur le pays, sur la région, sur la communauté dans laquelle on se rend (démographie, économie, histoire, politique, etc.), lire des articles (et pas seulement sur Wikipedia) afin de dresser une sorte de « fiche d’identité »: de quoi vivent les gens ? où vivent-ils ? comment vivent-ils ? Autant d’informations concrètes, précises et chiffrées qui serviront d’appui pour les entretiens (et permettront de bannir les questions qui commencent par « On m’a dit que… » ou « Il paraît que… »).

Le terrain

On peut avoir calé ses rendez-vous et préparé des listes de question, il faut savoir, une fois en enregistrement, observer et être présent à ce qu’il se passe autour de nous. Céline m’a dit « la radio, c’est de grandes oreilles et de grands yeux tournés vers le monde ». Capter des ambiances sonores et rajouter ensuite une voix off en studio pour décrire ce qu’il se passait à ce moment-là ne marche pas. J’ai appris qu’il fallait oser prendre la parole devant le micro, décrire les paysages et les gens, réagir -quitte à rompre le déroulement prévu d’une interview-, autrement dit, prendre part à ce qui se passe ici et maintenant. J’avais souvent tendance à fermer mon micro à la fin d’un entretien et à attendre le suivant, mais il faut en fait être prêt.e à l’ouvrir à tout moment, et profiter justement des moments d’attentes, des trajets, des « temps morts » pour aller discuter avec les gens de manière improvisée. Il faut du mouvement.

« En tant qu’auditeur on doit y être, on doit sentir comment vivent les gens qui sont là, comprendre où on est. Dans ses interventions ou ses questions le journaliste doit donner des repères géographiques, des directions : « à droite, à gauche, par là par ici… » Sinon on a la sensation de flotter, de ne pas être dans cette réalité-là. On a la sensation qu’on pourrait être n’importe où. » m’a aussi expliqué Céline Develay-Mazurelle.

Autre point important : journalistiquement il est nécessaire de collecter un grand nombre de témoignages afin de pouvoir comparer les points de vue, les mettre en perspectives, afin de raconter une histoire plus « juste » . Dans un des villages où j’ai passé deux jours au nord de l’Équateur, je n’ai enregistré que quatre personnes, il aurait fallu beaucoup plus.

Faire des questions directes, aller droit au but, assumer son rôle de journaliste. Au lieu de « Est-ce que vous pourriez me décrire, m’expliquer ce que vous faites pousser dans votre jardin ? », « Qu’est-ce qui pousse ici ? »

Faire des questions simples mais nécessaires: « comment vous vivez, de quoi? combien vous gagnez? » afin de comprendre la situation actuelle des personnages sinon ils sont plats, ils manquent d’épaisseur.

Le fil conducteur de l’émission

Il s’agit de trouver, avant ou pendant l’enregistrement de l’émission, un mot ou une idée clé sur laquelle faire réagir les différentes personnes tout au long du reportage. Cette idée va souvent se retrouver dans le titre. Je l’ai écouté clairement dans le reportage de Raphaëlle Constant sur le désert de l’Adrar : Mauritanie : retrouvailles dans le désert. L’idée clé qui revient dans toutes ses interviews est bien celle de « retrouvailles » (en effet l’Adrar a réouvert après 10 ans de fermeture au tourisme). On l’entend aussi dans l’émission Esclavage : mémoires sensibles en Guadeloupe.

Photo: Déborah Gros

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